dimanche, 04 mars 2018
Les "Rythmes" d’Andrée Chedid
Chaque année, le Printemps des Poètes décerne le "Prix Andrée Chedid du Poème chanté" dont ce sera la 10ème édition. Pour fêter cet anniversaire, une sélection de textes met à l'honneur les mots d'Andrée Chedid. Avec trois poèmes de Rythmes qui sont proposés à l’occasion de la publication de ce recueil dans la collection Poésie/Gallimard. La préface est signée de Jean-Pierre Siméon.
"À part" est l’un de ces trois poèmes que publie le Printemps des Poètes; il vient s’ajouter sur ce blogue aux poèmes et textes d’Andrée Chedid que j’aime publier régulièrement.
À part
À part le temps
Et ses rouages
À part la terre
En éruptions
À part le ciel
Pétrisseur de nuages
À part l’ennemi
Qui génère l’ennemi
À part le désamour
Qui ronge l’illusion
À part la durée
Qui moisit nos visages
À part les fléaux
À part la tyrannie
À part l’ombre et le crime
Nos batailles nos outrages
Je te célèbre ô Vie
Entre cavités et songes
Intervalle convoité
Entre le vide et le rien
Andrée Chedid
Rythmes, poésie/Gallimard
Illustration : Ciel, photographie Louis-Paul Fallot, février 2018
| Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : andrée chedid, poésie, rythme, jean-pierre siméon, ciel, printemps des poètes, prix andrée chedid | 23:02 |
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mercredi, 18 mars 2015
Credo (Un poème de Jean-Pierre Siméon)
Ce poème est extrait de la programmation 2015 du Printemps des Poètes qui a pour thème "L'Insurrection poétique". Jean-Pierre Siméon en est le directeur artistique:
Fait de langue, la poésie est aussi, et peut-être d'abord, « une manière d'être, d'habiter, de s'habiter » comme le disait Georges Perros.
Parole levée, vent debout ou chant intérieur, elle manifeste dans la cité une objection radicale et obstinée à tout ce qui diminue l'homme, elle oppose aux vains prestiges du paraître, de l'avoir et du pouvoir, le voeu d'une vie intense et insoumise. Elle est une insurrection de la conscience contre tout ce qui enjoint, simplifie, limite et décourage. Même rebelle, son principe, disait Julien Gracq, est le « sentiment du oui ». Elle invite à prendre feu. Extrait du site Printemps des Poètes.
Lever de soleil sur le Port du Cros de Cagnes
Photographie Louis-Paul Fallot, mars 2015
Credo
Je crois en ceux qui marchent
à pas nus
face à la nuit
Je crois en ceux qui doutent
et face à leur doute
marchent
Je crois en la beauté oui
parce qu’elle me vient des autres
Je crois au soleil au poisson
à la feuille qui tremble
et puis meurt
en elle je crois encore
après sa mort
je crois en celui
qui n’a pas de patrie
que dans le chant des hommes
et je crois qu’on aime la vie
comme on lutte
à bras le corps
Jean-Pierre Siméon, Sans frontières fixes, éd. Cheyne
Publié dans Texte choisi | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : printemps des poètes, l'insurrection poétique, jean-pierre siméon | 05:36 |
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